Ăa fait maintenant dix ans que je prĂ©pare mes repas du midi. Dix ans. Quand j'y pense, tout a commencĂ© presque par hasard, par nĂ©cessitĂ© mĂȘme. Le premier emploi, le premier bureau, la premiĂšre pause dĂ©jeuner devant un sandwich industriel Ă 7 euros qui me laissait sur ma faim â au sens propre comme au figurĂ©.
Alors un soir, j'ai ouvert un livre de cuisine, j'ai fait un taboulé maison, je l'ai glissé dans un tup, et le lendemain midi, mes collÚgues me regardaient bizarrement. Le genre de regard qui dit « mais qu'est-ce qu'elle a préparé, celle-là ? ». Ce jour-là , le repas du midi n'a plus jamais été pareil.
On pourrait croire que le tĂ©lĂ©travail rend les tups inutiles. Faux. MĂȘme chez soi, le midi, le temps file. Entre deux appels, une urgence sur un dossier, la cuisine reste le poste qu'on rogne. RĂ©sultat : on se prĂ©pare un Ćuf sur le plat avec un bout de pain, on avale debout, et on reprend. Avec un tup prĂ©parĂ© la veille, je m'assieds, je prends le temps de manger, et je reviens Ă mon Ă©cran en ayant vraiment dĂ©jeunĂ©. Croyez-moi, la diffĂ©rence se sent sur l'aprĂšs-midi entier.
C'est un principe que je ne transige plus depuis des annĂ©es : je cuisine avec les saisons. Pas par snobisme, pas pour suivre une mode. Parce qu'un fruit de saison a du goĂ»t, un lĂ©gume de saison se cuisine tout seul, et surtout â ça tombe bien â ça coĂ»te moins cher. En mai, les asperges et les fraises me donnent envie de salades lĂ©gĂšres et de desserts rapides. En novembre, les courges et les champignons appellent des gratins rĂ©confortants. C'est un cycle naturel qui dicte mes recettes, et je trouve que c'est la meilleure façon de manger Ă©quilibrĂ© sans se forcer.
Je ne suis pas nutritionniste, et Tup Chef n'est pas un site de rĂ©gime. Mais aprĂšs dix ans de meal prep, j'ai acquis quelques certitudes. Un bon tup, c'est un plat qui tient au corps sans alourdir. Une portion de fĂ©culents, des lĂ©gumes en quantitĂ© gĂ©nĂ©reuse, une source de protĂ©ines, un assaisonnement qui donne du caractĂšre. C'est simple, c'est efficace, et surtout c'est bon. Je n'ai jamais compris l'idĂ©e de manger triste pour manger sain. On peut trĂšs bien se faire plaisir et faire du bien Ă son corps en mĂȘme temps.
Tup Chef, c'est l'endroit oĂč je publie les recettes que je cuisine vraiment. Pas des recettes pinterestiennes qui demandent quarante ingrĂ©dients et deux heures de prĂ©paration. Des recettes qui fonctionnent, que je teste, que je retouche, que je mange le lendemain au bureau avec satisfaction. Chaque recette est pensĂ©e pour le transport : elle doit tenir dans un tup, supporter un passage au micro-ondes (ou se manger froid), et rester appĂ©tissante aprĂšs une nuit au frigo.
Si vous me demandez oĂč je me vois dans cinq ans, je ne saurais pas vous rĂ©pondre avec certitude. Ce que je sais, c'est que la cuisine occupe une place de plus en plus grande dans ma vie. Ce qui a commencĂ© par un simple tup est devenu une passion quotidienne. Peut-ĂȘtre qu'un jour je franchirai le pas. En attendant, je cuisine, je publie, et je me rĂ©gale chaque midi. C'est dĂ©jĂ beaucoup, non ?